Histoires de couples – Ombres & Lumières – 1ère partie : Amours et attachements

Juin 26, 2026 | Articles et Écritures

On veut être aimé pour notre lumière

Alors on montre ce qui est beau.

Ce qui rassure

Ce qui plaît.

Et tout le reste…

On le cache.

Mais l’ombre ne disparaît jamais.

Elle attend.

Elle traverse.

Elle revient dans les moments où le contrôle lâche.

Et souvent…

C’est là que tout se joue.

Parce que l’amour véritable

ne se construit pas dans ce que tu montres.

Mais dans ce que tu oses ne plus cacher.

Ce n’est pas dans la perfection

que le lien se crée

Mais dans la capacité

à rester présent

Quand ça tremble

Quand ça remonte

Quand ça dérange.

Aller voir

Reconnaître

Ressentir

Ces endroits en toi

que tu as appris à éviter

Parce que la manière

dont tu te rencontres

Est la manière

dont tu entres en lien.

Et quand tu accueilles enfin

ce qui est là

Alors quelque chose change

Dans la relation à toi-même

Dans ta relation aux autres

Dans ta manière d’aimer.

~V. AnnaMaya

Le couple comme un espace pour grandir ensemble.

Un espace pour mieux se connaître.

Un espace pour apprendre à mieux aimer.

Le couple ne devrait jamais être un espace de souffrances répétées et de violences.

Et pourtant, les violences psychologiques et/ou physiques s’invitent encore bien trop souvent dans cet espace du couple: pourquoi cette violence dans un lien que l’on souhaite construit sur l’amour?

Ce sera le thème du prochain article de Lettres au féminin.

Ecrire sur la relation de couple, c’est écrire sur la rencontre amoureuse, le chemin de l’union, l’histoire d’une relation, sur l’amour entre deux êtres, et le temple sacré qui parfois se construit jours après jours, si chacun en prend le plus grand soin.

Ecrire sur la relation de couple, c’est aussi écrire sur la séparation, le conflit, la violence et la destruction qui habitent parfois nos foyers, et qui hantent nos coeurs et nos corps. Quand la relation n’est pas une relation, mais manipulation et utilisation où l’altérité n’a peut-être jamais eu la place d’exister.

Ecrire sur la relation de couple, c’est naviguer entre ces deux espaces où nos rêves, nos élans, nos désirs rencontrent nos peurs, nos limites, nos besoins, nos réalités.

Un espace où la lumière se mêle à l’ombre.

Où il est facile de se perdre.

Où il est bon de se trouver.

 

Je ne pourrais pas tout dire ici sur la complexité et les enjeux de nos relations amoureuses. Chaque relation est unique, et chacun(e) de vous porte une histoire personnelle.

 

Je serais très heureuse de vous lire sur ce qui vous touche le plus dans vos expériences de couples présentes ou passées. Ou, s’il y a un thème précis que vous souhaiteriez que je développe, ou si vous avez des questions, en lien avec ce sujet.

 

Ecrivez-moi: contact@laureaquain.fr

Ou en MP sur Instagram @laure.aquain

 

Mon intention est que, ensemble, nous puissions réfléchir et comprendre pas à pas ce que nous vivons, ce que nous avons vécu, dans nos couples. Et clarifier ce que nous désirons sincèrement.

Démêler.

Dérouler le fil de nos histoires d’amours et voir.

Voir, prendre conscience, connaître, comprendre où  nous nous sommes perdus, où nous avons aimé, où nous avons cédé, où nous nous sommes oubliés, où nous avons souffert…

Prendre conscience des espaces en nous qui appellent à grandir. Ceux, qui ont été blessés et qui ont besoin d’être réparés, restaurés. Ces espaces de joie partagée que la relation a permis de créer. Des espaces où parfois tout est possible.

Florentine d’Aulnois-Wang, thérapeute de couple depuis de nombreuses années, nous parle “d’espace du couple”. Car, n’oublions pas la magie de 1+1=3. Toi, moi et nous.

Au cœur de ce “nous”, “je” me mêle à “toi”, et “tu” te mêles à “moi”. Une transformation naît.

Dans les premiers temps du couple, nous mélangeons nos histoires, nos mémoires, nos cœurs et nos corps, souvent sans conscience de ce qu’il se passe vraiment. Les frontières entre nous s’effacent quelque temps. L’amour naît de ce lit du “tout est possible”. Pourtant, l’amour survit dans un tout autre lit.

 

Cheminons ensemble au cœur de ce territoire bien connu de toutes/tous, qui pourtant nous restera toujours inconnu. Un mystère insaisissable nous souffle, un jour, le vent d’une rencontre avec un(e) autre, que notre cœur, pour une raison qu’on ignore bien souvent, choisit, malgré nous. Le couple est une invitation à danser ensemble, et, au-delà, une proposition d’apprendre à danser avec la vie. Car, nous ne savons jamais vers quel(s) horizons(s) cette rencontre va nous mener.

Qu’est-ce que l’attachement?

 

Nous sommes biologiquement programmés pour nous attacher aux autres, et ce dès notre naissance. “Un bébé seul n’existe pas.”, nous dit le docteur Donald Winnicott. En effet, un bébé humain ne peut survivre seul, il a besoin d’un adulte s’occupant de ses besoins primaires de nourriture et de sécurité, cela inclut ses besoins affectifs: être regardé, pris dans les bras, cajolé, bercé…Par ces interactions intenses avec sa figure d’attachement principale (la personne qui s’occupe le plus de lui), le bébé construit une relation d’attachement avec cette personne. Cette relation permet au nourrisson de se développer physiologiquement et psychiquement. D’autres relations d’attachement se construisent ensuite, avec les autres personnes proches dans la famille. Puis, à l’âge adulte, notre conjoint(e) devient en général notre figure d’attachement principale, avec nos amis proches et notre famille.

A partir des années 60, les chercheurs en psychologie de l’attachement ( John Bowlby et d’autres) ont distingué quatre modalités d’attachement: l’attachement sécure, l’attachement anxieux, l’attachement évitant, et l’attachement désorganisé. Il s’agit d’un précieux outil de connaissance de soi qui peut nous permettre de comprendre nos fonctionnements et et d’évoluer.

 

L’attachement sécure ou sécurisant:

 

Il concerne environ 50 à 60 % de la population générale, tous âges confondus. Il caractérise les personnes ayant eu un environnement général, surtout familial, suffisamment sécurisant dans l’enfance pour favoriser une manière d’être au monde relativement stable et adaptée au niveau émotionnel, cognitif, et comportemental. Bénéficier d’un attachement sécure n’est pas l’antidote aux épreuves de la vie, qui n’épargnent personne, mais c’est un facteur de protection contre le développement de difficultés psychiques. Lorsqu’un enfant grandit avec des parents non pas parfaits, car cela n’existe pas, mais ‘“suffisamment bons”, selon l’expression du docteur D. Winnicott, c’est-à-dire suffisamment présents, sensibles et attentifs à ses besoins, il développe au fil des années des représentations de lui-même, de l’autre et du monde positives, stables et réalistes.

 

John Bowlby, médecin psychiatre et psychanalyste britannique, a défini quatre caractéristiques majeures d’une figure d’attachement sécurisante:

– “plus forte et plus sage”: le parent (ou la figure parentale présente auprès de l’enfant) est physiquement plus grand et plus “costaud” que l’enfant et représente ainsi pour lui une base de sécurité physique, à la fois réconfortante et rassurante. En présence d’une figure d’attachement sécurisante, l’enfant ressent un sentiment de protection.

 

La figure parentale sécurisante est également plus sage car elle a acquis une relative expérience et une sagesse face à la vie qui lui permet d’accompagner l’enfant sur son chemin avec discernement. Le parent sécurisant a une vision du monde adaptée, réaliste et plutôt positive. Il sait distinguer au sein de ses propres émotions et pensées ce qu’il convient de transmettre à l’enfant selon les circonstances et l’âge de celui-ci.

 

– J. Bowlby décrit la figure d’attachement sécurisante comme “un refuge” vers lequel l’enfant se tourne lorsqu’il est en détresse.

Lorsque l’enfant est en situation de stress, il se sent en insécurité et cela va activer, c’est-à-dire mettre en alerte, son système d’attachement. Il va ainsi manifester des comportements d’attachement auprès de sa figure d’attachement ( la figure parentale) pour apaiser son état interne. Le parent sécurisant repère ces manifestations, les interprète de façon juste et y répond de manière adaptée, et apaisante.

 

– La dernière caractéristique d’une figure d’attachement sécurisante est d’avoir la “fonction de base de sécurité”, indispensable pour la construction de l’individualité de l’enfant et de ses capacités à explorer le monde.

 

Un enfant a tout autant besoin d’être relié (“attaché”) à une figure d’attachement pour s’assurer que ses besoins de réconfort en cas de stress seront satisfaits, et de développer sa personnalité et ses richesses intérieures pour devenir plus tard un adulte autonome. Ce sont ici les besoins de l’enfant de découvrir le monde d’abord autour de lui, puis d’explorer le monde selon ses désirs.

Les attachements insécures:


L’attachement anxieux:

 

l’attachement anxieux, ou fusionnel, concerne environ 20% de la population, il se caractérise par un grand besoin de proximité relationnel, un besoin de réassurance et réconfort. La personne avec un attachement anxieux a besoin de sentir le soutien physique et psychique de quelqu’un auprès d’elle pour diminuer son anxiété. En effet, elle n’a pas fait l’expérience, étant enfant, de sentir ses parents présents et soutenant pour elle de façon stable. A l’âge adulte, toute distanciation avec les personnes qui comptent pour elle ( conjoint, enfant, parents, ami(e)s, thérapeute…) est vécue comme difficile, voire impossible.

 

Face à des parents peu cohérents et instables car vite débordés par leurs propres émotions, ou parfois trop protecteurs transmettant à l’enfant une peur du monde extérieur et de l’avenir, l’enfant met en place inconsciemment une stratégie dite d’hyperactivation de son système d’attachement = l’enfant maximise ses comportements d’attachement afin d’alerter ses figures d’attachement pour recevoir leur attention. Un enfant anxieux pleure, crie, parle beaucoup, colle l’adulte, réclame de la présence sans cesse…Une fois adulte, la personne anxieuse conserve ce modèle relationnel centré sur l’amplification du négatif et la minimisation du positif. Cela se caractérise par un besoin de communication intense, un flot de paroles, une hypersensibilité, des relations très investies et intenses souvent source de déception et d’ambivalence.

 

Il s’agira, pour les personnes anxieuses, de créer un environnement relationnel suffisamment gratifiant pour leur permettre de retrouver leur estime d’elles-mêmes.  Apprendre à s’auto-réguler, prendre du recul et s’autonomiser psychiquement leur permettront de trouver apaisement et sentiment de complétude dans leur relations.


L’attachement évitant:

 

l’attachement évitant concerne environ 25% de la population. L’attachement évitant se caractérise par une mise à distance des émotions. C’est un mécanisme de défense qui a permis aux personnes avec un attachement évitant de faire face durant leur enfance, voire de survivre dans un contexte où les émotions n’avaient pas leur place. La majorité des personnes à l’attachement évitant a grandi avec des parents peu présents physiquement et psychiquement, et plutôt rejetants. Lorsque l’enfant recherchait la proximité de ses parents dans des moments de stress, il ne recevait pas le réconfort nécessaire, et parfois était jugé et rejeté. A force d’expériences répétées de ce type, il a intégré que ses émotions n’étaient pas valables, et qu’il fallait mieux se débrouiller seul pour contrôler la détresse intérieure.

 

L’enfant évitant développe ainsi une habitude à désactiver son système d’attachement, c’est-à-dire à minimiser ses émotions et ses besoins relationnels.

Quand un individu a expérimenté dans l’enfance le rejet répété quand il demandait de l’affection et du réconfort, il a associé proximité avec danger et se protège ensuite par la distance pour ne pas risquer de souffrir à nouveau.

 

Toutefois, face au rejet et à la distance émotionnel de son environnement, un enfant peut également construire un attachement anxieux. Il cherchera alors à tout prix le lien, malgré tout.

 

Les personnes à l’attachement évitant sont détachées de leur monde interne (émotions, sensations, désirs…) et des personnes qui l’entourent. Elles peuvent être très sociables et avoir en apparence des relations investies et satisfaisantes. Mais en réalité, les échanges restent en surface, et tout ce qui approche les ressentis intimes et le monde émotionnel de la personne est évité. La vision du monde des évitants est pragmatique, orientée vers le présent ou le futur, souvent négative et pessimiste. Ce sont des personnes souvent méfiantes vis-à-vis de l’autre, qui demandent rarement de l’aide, et qui expriment peu leur amour /attachement à leur partenaire ou à leur entourage. Le contact physique peut être également difficile: souvent la personne à l’attachement évitant reste tendue lorsque une personne la prend dans ses bras par exemple. Derrière cette distance et cette tension, les personnes à l’attachement évitant ont souvent soif de liens et de relations profondes, mais elles ne savent pas comment faire. Leur sensibilité est bien souvent grande et belle mais cachée du monde derrière une façade d’indépendance.

Les personnes à l’attachement évitant peuvent se retrouver rapidement dépassées par leurs émotions lorsque leur stress devient trop intense, lors d’un changement important dans leur vie par exemple ( changement d’emploi, rupture amoureuse, perte d’un proche, arrivé d’un enfant..). Comme ils ont appris à ne jamais demandé d’aide, et à verbaliser leur ressenti, souvent le corps parle à leur place: on parle de somatisation.

 

Le point le plus important pour une personne à l’attachement évitant est un travail de reconnexion à soi (sensations corporelles et émotions) et aux autres.

L’attachement désorganisé :

 

“ Fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis” : l’attachement désorganisé, ou attachement chaotique, concerne environ 5% de la population.

 

Les personnes à l’attachement désorganisé ressentent des émotions très intenses et imprévisibles (rage, colère, désespoir, honte, culpabilité…), et parfois elles sont envahies par un grand vide intérieur et semblent absentes.

 

Le style d’attachement désorganisé est un mélange de comportements anxieux (hyperactivation émotionnelle et comportementale) et de comportements évitants (désactivation émotionnelle et comportementale). Dans la vie quotidienne, lorsque le stress n’est pas trop élevé, la personne fonctionne sur un style d’attachement désorganisé anxieux, ou un style d’attachement désorganisé évitant, car il y a toujours un  style d’attachement  qui domine. Mais lorsque le stress devient trop intense et dépasse les défenses psychiques de la personne qui sont très fragiles, elle se désorganise. Elle se dissocie. C’est-à-dire qu’elle bascule dans une crise émotionnelle majeure, avec soit beaucoup d’agitation, ou soit elle se fige et reste dans un état d’engourdissement et d’absence.

 

Ces moments de crises et de désorganisation peuvent survenir chez n’importe qui. Parfois, les épreuves de la vie nous poussent à dépasser nos limites psychiques et émotionnelles. Nous sortons alors de notre “fenêtre de tolérance émotionnelle”. Cependant, chez les personnes à l’attachement désorganisé, cette fenêtre de tolérance est très réduite. Cela signifie que leur capacité de flexibilité et d’adaptabilité est minime.

 

Ce sont souvent des personnes qui réagissent plus vite et plus intensément dans les situations difficiles, qu’il s’agisse d’un événement grave ( une agression, un deuil…) ou de quelque chose de plus anodin ( une critique, une contrariété…). Elles sont souvent sujettes aux états dépressifs et aux troubles anxieux, ou parfois aux troubles de la personnalité ( personnalité borderline). Les parents des personnes désorganisées ont souvent eux-mêmes souffert de troubles psychiques ou psychiatriques, et n’ont pas pu sécuriser leur enfant. Ce sont souvent des parents très imprévisibles et instables dans leur capacités à être présent auprès de leur enfant.

 

Cette instabilité massive des parents des personnes désorganisées se caractérise par le fait qu’ils peuvent par moment répondre de manière adaptée aux besoins de leur enfant, et même être chaleureux et sécurisants en l’absence de stress, et à d’autres moments, de façon très soudaine, ils deviennent insécurisants. Parce qu’ils sont eux-mêmes très insécurisés, ils font peur à leur enfants. C’est un dilemme impossible pour l’enfant: comment m’apaiser quand celui ou celle qui est censé veiller sur moi est la source directe de ma détresse? Cela est très déstructurant pour un enfant, surtout dans les premières années de vie. Les enfants désorganisés peuvent s’enflammer très vite dans la colère ou la peur, ou toutes autres émotions (hyperactivation anxieuse), et à d’autres moments être détachés de tout et s’isoler ou se réfugier dans le mutisme (désactivation évitante). Ils sont souvent difficiles à comprendre, à apaiser, et ont des difficultés de concentration et dans leurs relations.

 

Un autre point important dans la compréhension de l’attachement désorganisé: le phénomène de “parentification”. L’enfant s’occupe de ses parents, et parfois de ses frères et sœurs. Il devient le responsable de son parent. Ce phénomène de “parentification” génère chez l’enfant un profond sentiment de solitude, de la colère et de l’injustice qui entrave le développement d’une bonne estime de soi.

 

A l’âge adulte, la personne à l’attachement désorganisé est très ambivalente dans ses liens aux autres, car elle a intensément besoin de liens avec l’autre tout en le rejetant dans le même temps.

Les comportements de sabotages sont courants au sein de leurs relations. Dans leur  vie amoureuse, il y a beaucoup d’intensité et souvent les séparations et les retrouvailles se succèdent, avec parfois des conflits violents où amour et haine se succèdent.

 

Il y a chez les personnes désorganisées une grande source de vie. Le travail sera de les aider à reconstruire une image d’elle positive et stable, et d’apprendre à faire à nouveau confiance dans les relations humaines. Un chemin de résilience.

J’espère que ce voyage au cœur de nos attachements vous permettra de mieux vous comprendre, et de trouver des sources d’apaisements et de régulation pour vivre des relations plus harmonieuses.

Il s’agit ici d’apprendre à se connaître sans jugement. Nous avons toutes et tous une histoire de vie, nous avons tous grandi dans un environnement plus ou moins sécurisant et chaleureux. Notre enfance est le lieu de notre mémoire et nos premiers liens. Cependant, nous pouvons évoluer, nous pouvons changer. Nous pouvons transformer notre relation à nous-même et aux autres. Nous pouvons mieux nous comprendre pour nous apaiser, apprendre à reconnaître nos besoins fondamentaux, et aller vers les situations et les personnes qui nous font du bien.

Notre style d’attachement peut évoluer au cours de notre vie.

 

La psychothérapie, le coaching, le yoga, la méditation, la relaxation, les exercices de respiration, le sport non intensif, le lien avec la nature… sont des outils essentiels à la connaissance de soi qui vous permettront d’évoluer vers un lien à vous-même et à l’autre plus harmonieux et plus serein.

L’espace du couple réactive nos premiers liens d’attachement. Notre conjoint(e) est la personne la plus proche de nous. Nous lui permettons d’entrer dans notre monde intérieur, et, de ce fait, par sa simple présence, elle éveille notre vulnérabilité, et notre sentiment de dépendance.

La relation amoureuse peut être très profonde et intime, source de grandes joies et de partages savoureux. Cependant, elle active également notre enfant intérieur et nos blessures, et réveille de grandes peurs.

 

Attachements et vie amoureuse


Notre mode d’attachement précoce nous structure et va structurer en grande partie notre vie amoureuse.

La vie amoureuse pour une personne à l’attachement anxieux sera une grande source d’inquiétudes: doutes, culpabilité, manque de confiance en soi et d’estime de soi.

 

“Le rivage est plus sûr, mais j’aime me battre avec les flots.” Emily Dickinson

Il n’est pas non plus simple d’être en couple avec une personne à l’attachement anxieux qui ne semble jamais totalement rassuré(e) quant à l’affection qu’on lui porte.

 

Rappelons-nous qu’une personne à l’attachement anxieux a grandi dans un environnement anxiogène et imprévisible, n’étant jamais assurée de recevoir suffisamment de soutien et de présence adaptés à ses besoins. L’enfant anxieux a appris à faire beaucoup de bruits, et à demander beaucoup pour avoir de l’attention, même négative. Son sentiment de sécurité vient de l’extérieur, et il a des difficultés à être seul car la solitude génère en lui de l’anxiété. Enfant, l’anxieux a peur que ses parents l’abandonnent ou le rejettent, ou qu’ils meurent, disparaissent et le laissent seul et démuni. Une fois adulte, ces schémas sont souvent toujours actifs.

Il est rare que la femme ou l’homme à l’attachement anxieux restent célibataire très longtemps. La dépendance affective est très présente chez les personnes anxieuses. La vie à deux est rassurante pour la personne anxieuse. Cependant, les déclencheurs d’anxiété restent nombreux: toute séparation physique avec l’être aimé suscite des inquiétudes (par exemple si le/la conjoint(e) part en déplacement professionnel quelques jours). Lorsque sa figure d’attachement s’éloigne, l’anxieux se sent en danger et va nourrir son insécurité par des scénarios souvent dramatiques et peu probables. Les débordements émotionnels sont souvent présents et impactent le quotidien de la personne.

 

Couple anxieux- sécure :

 

Si le/la conjoint(e) de la personne à l’attachement anxieux reste stable et présent dans la relation, l’anxieux gère de mieux en mieux ses angoisses de séparation. Une position compréhensive, bienveillante et patiente du ou de la partenaire est une aide précieuse pour qu’il/elle y arrive.

 

Les personnes à l’attachement anxieux ont un grand cœur et sont tournées vers les autres. Et se préoccupent trop peu de leur propre besoin, parfois difficiles à identifier pour la personne elle-même. Ce sont des personnes souvent très empathiques et compréhensives qui savent se mettre à la place des autres.

 

Plusieurs défis attendent les personnes anxieuses pour vivre une vie plus apaisée et se sentir en sécurité: apprendre à réguler les émotions, se donner la priorité et prendre soin de soi, apprendre à se connaître, avoir de la curiosité pour soi-même, ses désirs…

La vie amoureuse d’une personne à l’attachement évitant est fondée sur la croyance que personne ne sera là pour l’ écouter ou le soutenir. Elle ne compte que sur elle-même et ne demande ni aide ni présence. La relation de couple confronte la personne à l’attachement évitant à ses stratégies de contournement et de contrôle émotionnel.

 

 Il faut commencer par éprouver ce qu’on veut exprimer.” Vincent Van Gogh.

 

Ce que redoute le plus une personne à l’attachement évitant est d’être dépendant d’autrui. Ainsi, il se maintient autant que possible à distance de l’engagement amoureux ou amical. La personne évitante n’est pas forcément célibataire ou sans amis, mais elle n’investit pas les relations. Il dévoile peu ou pas du tout ce qu’il ressent, et met à distance les émotions de l’autre (amoureux-se, ami(e)s, proches…). Dans le couple, la personne évitante est peu sociable, ce n’est pas elle qui organise les sorties avec les amis ou les réunions de famille, ou les soirées en amoureux. Souvent, elle ne prend pas l’initiative de la discussion. Elle donne souvent l’impression à son entourage de n’avoir besoin de personne pour avancer dans la vie. Cela peut être très frustrant pour le conjoint(e) qui aimerait être plus en connexion.

 

Ce détachement émotionnel est une barrière de protection.

Dans l’histoire de vie des personnes à l’attachement évitant, il y a souvent un contexte familial où l’expression des émotions est malvenue. Les parents, souvent eux-mêmes à l’attachement évitant, n’ont pas accueilli les expressions émotionnelles de leur enfant quand il en avait besoin. L’enfant, par souci d’adaptation à son environnement précoce, en a déduit que ses émotions étaient mauvaises et sources de rejet. Ainsi toute expression de la vulnérabilité de l’enfant, ou toutes émotions négatives, ou les demandes d’aide et de soutien ont été reçues par l’indifférence ou le rejet.

Parfois, les émotions positives de l’enfant, comme la joie, le plaisir ou la fierté de réussir, peuvent également déclencher des émotions négatives chez les parents.

Les enfants s’adaptent à leur environnement, ils apprennent à faire avec. Et, une des manières de faire avec est de se couper de ses ressentis corporels et émotionnels. La souffrance et les besoins de réconfort sont mis à distance. Les enfants se détachent de leur ressenti pour ne pas avoir à subir la douleur engendrée par un manque de présence, de disponibilité ou de soutien des parents.

L’attachement évitant peut également se construire à cause de vécus de rejet, ou d’humiliation, ou de maltraitance durant l’enfance.

 

Lorsque la relation de couple s’approfondit, le système de défense de la personne à l’attachement évitant s’active. Souvent, la personne évitante peut rester célibataire ou ne pas s’engager dans une relation à long terme, elle reproduit inconsciemment des échecs pour se protéger d’un engagement affectif qui mettrait au jour sa sensibilité et sa vulnérabilité.

 

Dans un couple “évitant-secure”, une belle danse peut s’inviter dans la relation: la personne sécure s’approche de la personne évitante, tout en douceur lui faisant sentir que “ tout va bien, tu es en sécurité, il ne va rien se passer de douloureux, tu peux t’approcher de moi…”. Il y a comme un apprivoisement d’un petit animal sauvage qui a grandi détaché des autres pour ne pas souffrir.

 

Les personnes à l’attachement évitant sont souvent des personnes qui se débrouillent parfaitement dans la vie, elle assume de nombreuses responsabilités très tôt dans l’enfance et plus tard à l’âge adulte. Ce seront des personnes qui quitteront le nid familial sans difficultés et iront parcourir le monde. Les expériences d’attachement douloureuses de l’enfance sont ainsi transformées parfois en rage de vivre, et en un désir puissant de reconnaissance. Ce sont souvent des personnes très investies dans leur travail, ou dans un domaine particulier de leur vie comme l’éducation de leurs enfants par exemple. La capacité d’action et leur énergie peuvent parfois soulever des montagnes.

 

Les défis des personnes à l’attachement évitant: se reconnecter à leur corps et leur émotions, apprendre à verbaliser ce qui est ressenti, apprendre à demander de l’aide et à la recevoir.

La vie amoureuse d’une personne à l’attachement désorganisé est peuplée de désordres émotionnels, où l’expression des conséquences des traumatismes vécus dans l’enfance va se déployer.

 

“ Il faut encore porter en soi un chaos,

pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante.”

 

La personne à l’attachement désorganisé va souvent aller vers un(e) partenaire à un attachement désorganisé. Si la personne a vécu le chaos et la violence pendant son enfance, elle va reproduire inconsciemment ce qu’elle connaît déjà en choisissant un(e) partenaire lui-même désorganisé.

Cela peut atteindre des cycles de violences intenses. Une danse toxique s’installe entre les partenaires sur un mode désorganisé-anxieux/désorganisé-évitant ou sur un mode désorganisé-désorganisé. Si aucun travail thérapeutique n’est engagé, la relation de couple devient un espace où les passages à l’acte dangereux alternent avec des moments de fusion  et/ou de rejet.

Les personnes à l’attachement désorganisé ont souvent vécu des traumatismes graves, elles sont très vulnérables et ont une grande sensibilité, source d’une humanité profonde. Ce sont des personnes écorchées vives. Un grand nombre d’artistes ont un attachement désorganisé comme Marylin Monroe.

Les traumatismes non résolus du passé continuent d’activer la personne malgré elle et l’entraîne dans des comportements destructeurs que la personne aimerait changer, et apaiser.

Les défis pour les personnes à l’attachement désorganisé: prendre conscience de leur ressources, tisser de nouveaux liens de confiance et s’engager dans un travail thérapeutique pour guérir les blessures du passé.

 

“Vivre est une prière que seul l’amour peut exaucer.”
Romain Gary.

La relation de couple nous met au défis de grandir ensemble. Elle pointe ce qui a besoin de grandir en nous, ce qui a besoin de guérir, ce qui appelle à la transformation.

Elle nous propose de nous responsabiliser.

Parfois, sortir d’une relation de lutte et de survie nécessite l’aide d’un professionnel.

C’est ici une invitation à changer de regard, à faire un petit pas de côté,

oser voir nos lumières et nos ombres :

– Quels sont les modèles de relation de couple et d’amour avec lesquels vous avez grandi ? La façon dont vous avez vu, depuis tout petit, comment les personnes autour de vous s’aimaient ?

– Quels sont les schémas qui se répètent dans ma vie amoureuse, et qui me laissent profondément insatisfait(e) ?

– Quelles sont les relations amoureuses/ de couple qui m’inspirent ? Quelles en sont les qualités ? Et, quelle(s) actions je peux mettre en place pour développer cette/ ces qualités ?

J’espère que cette lecture guidera vos prochains pas, avec bienveillance et sérénité, sur les chemins de  relations sécures et épanouissantes.

 

À bientôt, Laure.

 

Laure Aquain Psychologue clinicienne et hypnothérapeute, yoga

Laure Aquain

Psychologue clinicienne, Hyptnotérapeute, Yoga & Méditation, Le corps en mouvement, Le féminin.

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